La plus haute route goudronnée du Massif Central

mai 2nd, 2011

se situe dans le département de   …. la Loire !

C’est ce que j’ai vérifié en ce 1er Mai, au terme de l’ascension de la route qui mène à Pierre-sur-Haute, dans le cadre d’une ballade riche en couleurs et odeurs printanières sauvages.

Le parcours

 

Départ Chauriat à 7h pétantes à l’horloge de l’Eglise.

Première heure tranquille pour rallier Courpière (petite bosse à Sermentizon) puis montée sur le plateau de Sauviat (4 km à 6/ 7%).

Le vent souffle depuis le sud-est modérement, par rapport à ce que j’ai connu la semaine dernière dans le roussillon (70 km/h).

A Augerolles, je bifurque directement sur Olmet pour gagner du temps, en vue de rallier Pierre-sur-Haute.

Olmet, l’un des villages de mon enfance ! En zone montagneuse, l’économie maintient que très peu de population résidente. Les choses ont bien changé depuis l’époque où je sirotais presque tous les jours de la limonade au bar, avec ma sœur !

 

Les choses sérieuses commencent vraiment à Olmet : montée vers le Brugeron (7 km), puis ascension vers le Béal (11km).

C’est la partie que j’apprécie le plus : les nombreuses fleurs multicolores arborent gaiement les bas-côtés, non sans délivrer de magnifiques flagrances au contact du soleil. Heureuse surprise : avant la partie terminale de l’ascension (< 2km), une belle livrée de sapins borde la route, rendant moins austères les pentes.

Au Béal, un avion s’est posé sur la piste de ski !

 

Le temps d’une photo réalisée  par une amicale confrérie d’amateurs d’autos de collection, qui m’avait croisé dans la montée depuis le Brugeron, j’aborde la dernière partie de la montée.

Et enfin partie terminale pour rallier Pierre-sur-Haute (4km) avec des passages > 9%. Je rejoints 2 cyclos venus de Tarare, avec pour l’un d’eux, la particularité de gérer la station météo au sommet de Pierre-sur-Haute.

 

Au sommet, les nuages s’amoncellent : rien de grave, sauf pour la température qui n’excède pas 10 ° !

 

Je ne m’attarde pas : descente sur Saint-Pierre La Bourlhonne puis retour au Burgeron, Olmet et ainsi de suite jusqu’à Chauriat. Je croise au moins une dizaine de cyclos qui eux montent !

A Courpière, les passionnés de motos anciennes se sont donnés rendez-vous dans une brocante animée et sonore. A Espirat, une autre forme de brocante, qui fait florès en cette saison : le vide-grenier.

Enfin la dernière “bosse” de la journée : la montée depuis Chas, pas longue, mais très pentue au départ, jusqu’au château d’eau. 

Au final, 127 km, retour à 12h30, avec le soleil et une température ambiante très clémente.

Laurent Salabert

Breveté et bon pour le service

avril 20th, 2011

 

“C’est dans les défis que l’on trouve l’énergie de la victoire”.

Cet état d’esprit en forme de slogan, je l’ai fait mien, au contact d’un ami disparu trop tôt, il y a un mois.

En ce dimanche 17 Avril, totalisant 1200 km depuis le début d’année, je m’engageais dans un défi compliqué, celui de parcourir plus de 300Km à vélo, dans le cadre des brevets mondiaux de randonneurs. Un  mois plus tôt à peine, j’avais terminé le brevet des 200 km en lambeaux, faute de kilométrage suffisant, combiné à une vitesse de croisière bien trop élevée. Cette expérience moyenne m’avait mis la “rage”, mais aussi rappelé la nécessité de ménager sa monture.

Au départ, comme à l’arrivée, nous étions 6 CCA, restés unis, dans une ambiance très décontractée et riante. Alain Laradoux, Eric Garnier, Lionel Ferrero, Jean-Paul Tardivat, Maurice Pétin et moi, Laurent Salabert.

A 4H du matin, salle Piron, derrière l’austère église Saint-Jacques, quelques groupes de cyclos (peut-être une trentaine ?) donnent les premiers coups de pédales. Chacun s’est doté des équipements de sécurité nécessaires : pour ma part, ce sera ceinture et bretelles, à savoir éclairage avant/arrière sur le vélo + lampe frontale et lampe rouge sur le sac à dos.

L’atmosphère est plutôt sèche mais glaciale, aucun nuage ne venant troubler la baisse du thermomètre. La lune resplendit de toute sa rondeur, ce qui est de bon augure pour la visibilité. Petit pépin mécanique pour Lionel au Brezet : la lampe se fait la malle. Arrêt du groupe, et premier signe du destin, pas de casse, tous les morceaux sont récupérés, et la lampe reconstituée.

Dans la longue ligne droite qui longe l’autoroute, je regrette de n’avoir enfilé le bonnet, j’ai la sensation que les oreilles vont tomber. Arrivé à Ménétrol, je sors le bonnet du sac, et je mesure combien nous allons déguster dans les Combrailles. Quel bonheur la montée de la vallée des Sans Soucis, au creux du silence de la nuit. Il me semble qu’en tendant le bras, nous pourrions même toucher les étoiles, tellement  le contraste est fort entre le noir sombre des forêts et la clarté du ciel étoilé. La remarque fuse dans le groupe : “organisons des sorties de nuit, c’est pénard”.

La descente sur Manzat, puis Châteauneuf va briser cette impression de plénitude : nous sommes tous transis par le froid ambiant, rendu mordant par la vitesse. Les bas-côtés et certains pare-brises sont même givrés. A la sortie de Manzat, mon éclairage traditionnel situé à l’avant du vélo rend l’âme : bien vu l’achat de la lampe frontale la veille du départ ! Nous finissons la descente, crispés comme jamais, tout en sachant que la suite va nous donner matière à être réchauffés.

A partir de Chateauneuf, et jusqu’à Vichy, ce parcours sera une totale découverte pour moi, tout comme  Lionel qui se lance également dans son premier 300.La remontée sur Saint Gervais est tranquille, la lumière du jour montant doucement, sans que la température ne s’emballe franchement.

7h20 : arrivée à Saint-Gervais, premier tampon de validation de la carte du brevet, et première pause casse-croûte au bord d’une boulangerie. Nous recherchons sans succès un café ouvert, et sans tarder, nous repartons. La première pause véritable, arrosée de café et chocolat chaud, intervient   non loin de Saint-Eloy, avant de bifurquer sur la Boule. Autour de la table, force rires et boutades sont échangés, la joie se lit sur tous les visages, c’est sûr cette journée sera inoubliable.

Le parcours vallonne ensuite entre les forêts des Combrailles finissantes, pour descendre progressivement vers les plaines agricoles et viticoles autour de Saint-Pourçain.  Le rythme plutôt mesuré jusqu’à présent, grimpe progressivement, jusqu’à inquiéter Maurice qui lance “Eh les gars vous avez l’intention de faire 300 bornes ?”. Je suis content de son intervention, car je n’étais pas plus fringant bien qu’il restât encore beaucoup de bornes à tailler.

9h40 à Saint-Pourçain : le groupe se sépare momentanément dans les ruelles du centre-ville. Jean-Paul, Maurice et moi, avalons un deuxième café, et réclamons le précieux tampon du cafetier. Lionel, Alain et Eric ont birfurqué sur une autre route. Maurice les contacte par tél : nous les retrouverons plus tard.

11h10 Le Donjon est atteint ! Depuis 20km, une panne de turbo me ralentit dans les montées. J’ai trouvé un autre cyclo (Blanzat) avec lequel partager les moments de solitude, comme les a si bien décrits l’humoriste Bigard.Au Donjon, pause de 20mn pour avaler le casse-croûte,  se désaltérer (le soleil est modéré, mais les vêtements longs tiennent chaud !) et modifier la tenue. A la sortie du bar, nous échangeons quelques plaisanteries avec un groupe de motard originaire de la Loire : j’aime bien cette facilité de contact que procure le vélo.

13h20 voici Marcigny, en Saône et Loire. Toujours en panne de turbo, je profite des paysages des terroirs visités : après la moutarde à Charroux, la vigne à Saint-Pourçain, la volaille à Jaligny/Bresbre, voici le pays du Charolais. Nous transverserons la Loire, à l’étiage particulièrement bas : pourvu que la pluie tombe bientôt !

La partie la plus ennuyeuse du parcours va maintenant se dérouler sous nos vélos : d’abord une succession de montées et descentes jusqu’à Lapalisse, dans un paysage rural très calme, puis une portion très roulante, mais dénuée d’intérêt et très passante, entre Lapalisse et Vichy.

16h : enfin Vichy. Le moral est quasiment au plus haut, d’autant que le turbo semble reprendre un peu de vigueur. Et puis, la suite du parcours, je la connais par cœur : les virages, les montées, les bourgs et villes traversées. Autant de points de repère qui facilitent la projection dans le futur. C’est le dernier endroit de pointage; nous faisons le plein des bidons, avalons une mousse et repartons, le coeur de plus en plus guilleret.

Entre Limons et Puy-Guillaume, une petite corsa blanche nous double, en riant du xlaxon. C’est ma chérie et mes deux garçons qui reviennent d’une sortie dominicale, et qui nous adressent de grands signes d’encouragement.

17h45 nous voici dans la montée finale vers Saint-Jacques. Je crie à Maurice : “Nous avons gagné !”. Ce dernier pique un sprint, après avoir connu un coup de “moins bien” entre Maringues et Clermont. Le groupe est resté soudé, nous avons fait bloc pour l’accompagner, tout comme mes copains m’ont accompagné plus tôt lors des petites galères.

Heureux et fourbus, nous entrons dans cette salle A. Piron, tristounette et sans saveur, mais oh combien chérie de tous les randonneurs qui réussissent ces ballades s’apparentant à des défis insensés.

Sur le parking, Maurice m’interpelle : “Tu seras sur le 400km ?”. Je ne pense pas mais qui sait, le plaisir de vivre une nouvelle aventure sera peut-être la plus forte …

J’en termine en adressant un grand merci à Alain, Jean-Paul, Lionel et Eric qui ont su se mettre à notre portée, et être patients, ainsi qu’à Maurice pour la rigolade (attention aux feux rouges !).

Laurent